Résumé de l’homélie du dimanche de pentecôte 4 juin 17

Depuis le jour de Pâques nous ne disions plus la prière au saint Esprit ; « Roi Céleste, consolateur, esprit de Vérité, Toi qui est partout présent… ».
Cependant en ce jour de pentecôte, nous commençons chaque office à nouveau avec la prière au Saint Esprit. Si nous faisons attention à cette prière, nous comprenons que le Saint Esprit est Esprit de Vérité et que le Christ est Parole de Vérité. L’Esprit de Vérité ne peut avoir de communion avec le mensonge. S’il y a mensonge, fausseté ou mauvaise foi, le Saint Esprit ou Esprit de Vérité se retire et reste l’esprit mauvais (le diable=le diviseur). Le verbe « diabolein » veut dire « diviser ».

La semaine dernière nous avons parlé du synode et de son fonctionnement. Nous avons relevé le fait que si dans un synode il y a de la mauvaise foi, et que il ne se déroule pas avec bienveillance, il n’y aura pas accord final (division=diable) et donc il ne sera pas reconnu comme un synode de l’Eglise. Ainsi dans un synode s’il y a du mensonge et de la fausseté, il ne peut y avoir le Saint Esprit. Cela est le cas pour chacun en particulier qui est dans le mensonge, il est celui qui introduit la division. C’est ce qui est illustré aujourd’hui avec la fête de pentecôte. Ceux qui reçoivent le Saint Esprit ne peuvent donc eux même avoir de lien avec le mensonge. Aujourd’hui, cinquante jours après paques (pentecôte=penticosti) les apôtres sont réunis et sont dans l’attente du Saint Esprit et le reçoivent. C’est le premier synode et c’est le début de l’Eglise.

Lors de la lecture de l’évangile, nous voyons que quand le Christ parle, Il est Parole de Vérité. Ceux qui sont purs et sincères reçoivent sa parole. Ceux qui sont tordus et qui vivent dans la fausseté comme les pharisiens hypocrites sont incapables de recevoir la Vérité. Pour eux la Vérité est scandaleuse car Elle les confronte à eux-mêmes et c’est cela qui provoque le scandale, c’est parce que la Vérité dénonce leur mensonge et fausseté. L’origine du mensonge réside dans leur orgueil. Ils se croient et se prennent pour supérieur aux autres gens. Ils traitent d’ailleurs les gens simples de « populace ». Leur égoïsme les mène à se poser en point de référence et de se considérer comme étant l’expression de la volonté de Dieu. Ceux qui ne pensent pas comme en eux sont dans l’erreur et à leurs yeux des gens inférieurs. C’est cette disposition intérieure qui les pousse à juger les autres et à condamner toute personne qui ne penserait pas comme eux. Ils sont ainsi devenus incapables d’écouter une personne qui aurait une autre opinion qu’eux. Ils ont une opinion toute faite sur les autres et sur les choses. Ils ne sont plus capables de dialogue. Nous avons parlé de la question du dialogue lors de l’évangile de la samaritaine d’une part et du paralytique d’autre part. Nous y avons relevé que c’est grâce au dialogue (vrai dialogue) que l’homme arrive à s’enrichir et à s’ouvrir à la Vérité et à l’Esprit Saint. C’est ce qui se passe dans un vrai synode. Malheureusement dans le dialogue œcuménique actuel, on observera qu’il n’y a pas ce vrai dialogue car pas de bienveillance et de volonté de voir la Vérité.

Cette vrai synodalité et dialogue en Vérité c’est ce qu’illustre la lecture du texte des actes des apôtres d’aujourd’hui. Nous lisons que, rempli du Saint Esprit les apôtres lorsqu’ils parlent, les personnes présentes les entendent dans leur langue. Qu’est-ce que cela veut dire ? Pour ceux qui sont dans la Vérité, il n’y a plus d’obstacles à la compréhension.
Les apôtres sont remplis du Saint Esprit et les personnes présentes les entendent malgré les barrières et obstacles de la langue. Les personnes entendent les apôtres dans leur propre langue. Nous savons et avons probablement expérimenté dans la vie qu’il n’est pas toujours nécessaire de se parler pour se comprendre. Là où il y a la bonne volonté (esprit de Vérité), volonté de se comprendre, là il y a en effet compréhension. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas se comprendre.

Nous entendons tout au long de l’office une comparaison entre l’événement de la tour de Babel et ce qui se passe en ce jour de pentecôte à Jérusalem. A Babylone les hommes dans leur orgueil ont voulu atteindre Dieu par leurs forces. Ils voulaient connaitre Dieu par eux-mêmes. A cause de leur orgueil et leur impudicité, Dieu les a confondus et ils ne pouvaient plus se comprendre les uns les autres. Finalement la tour de Babel ne fut pas construite. On dit que c’est à ce moment qu’apparurent plusieurs langues. C’est surtout à partir de ce jour là que les hommes ne se comprenaient plus. Le fait qu’ils ne parlent plus la même langue n’a pas vraiment d’importance. Ce qu’il faut retenir c’est que leur incompréhension mutuelle est une résultante de leur orgueil. L’orgueil est le résultat d’un égoïsme démesuré. Et l’égoïsme induit la personne à ne plus voir les choses comme elles sont mais comme il désire les voir. L’histoire de la tour de Babel, ce qu’il faut en retenir, c’est l’homme qui voulait voir Dieu de manière forcée. Dieu se révèle, Il ne se laisse pas voir par les indiscrets.
L’homme curieux et impudique veut imposer à tout prix sa volonté et finit par créer un Dieu qui est en accord avec sa volonté. Il se comportera de manière similaire avec son prochain. Il impose à son prochain sa volonté et si celui-ci n’est pas en accord avec sa vision et sa volonté il y a rupture. Il n’y a pas de dialogue et de tentative de compréhension. Une autre conséquence de cet égocentrisme aigu est de porter un jugement sur tout et sur tous et d’imposer à l’autre ce qu’il aurait à faire. La personne qui est dans cette logique égoïste pense mieux savoir que l’autre ce qu’il a à faire. Tous les moyens deviennent bon pour imposer sa vision et cette personne dont nous parlons n’hésitera pas à utiliser le mensonge et à la manipulation pour atteindre son but. Les scrupules et la morale n’existent plus pour lui. Règne le mensonge. Cette personne tombe dans ce que nous appelons la mauvaise foi. C’est le péché contre le Saint Esprit. Et ce péché n’est pas pardonné. Non pas qu’il ne soit pas pardonnable, mais plutôt que une telle personne s’est tellement lié au malin qu’il ne peut plus en revenir. Il a par ailleurs fait fuir l’Esprit Saint, car l’Esprit Saint étant l’Esprit de Vérité, il n’a rien en commun avec le mensonge. Une personne qui est tombée dans un tel état est malheureusement dans cet état de mauvaise foi ; de ne pas vouloir voir la Vérité et le Bon, de ne pas comprendre ce qu’on lui dit car plus capable d’entendre, n’entendant que ce qu’il veut entendre et constamment dans le jugement. C’est ce qui est représenté par les pharisiens de l’évangile que nous avons entendu. Les pharisiens ne se donnent même pas la peine d’aller entendre le Christ pour porter un jugement. Leur jugement est déjà tout fait.
D’autre part nous avons des gens simples et vrais, humbles qui ne cherchent pas à être bien vus par les autres et qui font leur travail sincèrement et reconnaissent leur faiblesses sans vouloir dissimuler. C’est ce que nous voyons dans les apôtres et toute autre personne qui reconnait la parole de Vérité dans la personne du Christ. Ces personnes authentiques et vraies sont réceptives aux Saint Esprit et le reçoivent avec puissance et force. Celui qui reçoit le Saint Esprit devient un participant de la divinité et sa vie change. Il devient quelqu’un qui vit dans le monde mais n’est plus du monde. Quelqu’un qui ne peut plus être attiré par les illusions et le mensonge qu’offrent le monde. C’est un homme nouveau. C’est ainsi que lors de la liturgie nous chantons à la place du trisagion, « vous tous qui avez été baptisé en Christ, vous avez revêtus le Christ » Ceux qui ont été baptisé par la descente du Saint Esprit ont revêtus le Christ (sont devenus des Christ)  et sont devenus des hommes nouveaux vivant déjà dans le Royaume de Dieu (l’Eglise) bien que encore matériellement et temporellement dans le monde.

Que cette fête puisse nous motiver à être vrais et humbles afin de recevoir l’Esprit Saint. Amen.

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Résumé de l’homélie du dimanche des pères du premier concile œcuménique le dimanche 26 mai 17

En ce jour nous fêtons simultanément quatre événements. D’abord il y a l’office du dimanche (de la résurrection) ensuite de l’après fête de l’ascension et l’avant fête de la pentecôte. Mais nous faisons surtout mémoire des saints pères du premier concile œcuménique.
L’Eglise dans sa sagesse a établi la mémoire de ce concile et des saints 318 pères de ce concile en ce jour (dernier dimanche avant pentecôte) parce que l’accord a été établi le 29 mai de l’année 325, mais aussi parce que lors de ce concile n’était pas encore question de la divinité du Saint Esprit, ce que nous vivons en quelque sorte maintenant vu que nous sommes dans l’attente de la pentecôte et que nous ne disons pas encore la prière initiale au Saint Esprit (Roi Céleste…). La pentecôte est la fête du Saint Esprit. En ce concile de 325 à Nicée il n’a pas été question de la divinité du Saint Esprit. Cela a été disputé le concile suivant à Constantinople en 381. Voilà pourquoi la mémoire des saints pères du premier concile a été placé juste avant la fête du Saint Esprit (la pentecôte).
Lors du concile de Nicée la question de la divinité du Christ qui était au chœur du débat. La Trinité n’était pas encore bien comprise ou définie bien qu’abordée.
Les partisans d’Arius prétendaient que Jésus Christ n’était pas Dieu ou le Verbe de Dieu dès avant les temps devenu un homme dans sa création. Ils soutenaient (les ariens) que Jésus Christ était un homme qui par sa vie sainte était arrivé à la divinité. La majorité des évêques et des participants penchaient initialement du coté de l’arianisme. Ce n’est que suite à plusieurs miracles que les participants du concile furent persuadés de la vérité de la vision orthodoxe, c à d que le Christ est bien le Verbe de Dieu qui s’est fait chair : Miracle de saint Spiridon et la brique, miracles avec saint Nicolas, présence de saint Athanase pour trouver le terme (oros) de homoussios pour définir la consubstantialité du Fils Dieu avec le Père Dieu.

Ce que nous devons retenir en ce jour est principalement ceci :

  1. Ce n’est pas toujours où il y a majorité numérique qu’il y a Vérité. La Vérité n’est pas toujours là où elle semble être. Il faut scruter et discerner pour voir qui a raison.
  2. Dieu soutien ceux qui sont dans la Vérité et leur victoire finale est éclatante.
  3. Compréhension du sens de l’Eglise en tant qu’institution divino humaine. Présence du Saint Esprit dans l’institution humaine qui en fait le corps du Christ.
  4. L’activité pastorale est réussie grâce à la présence de la force divine.

 

a)      La Vérité n’est pas toujours là où il y a la majorité ou l’apparence de la justesse (la logique arienne paraissait plus juste pour la logique humaine). C’est dans ce sens que l’Église a établi plusieurs lectures qui illustrent cette réalité (les points cités ci-dessus). Nous avons fait des lectures lors des vêpres ou des matines qui se lient à cette logique. Lors des vêpres nous avons lu l’histoire du patriarche Abraham qui vient libérer son neveu Lot de la prise des rois. Alors que l’armée des rois était nettement plus nombreuse, Abraham attaque et gagne avec une armée inférieure en nombre. La victoire lui est donnée par Dieu.

b)      Nous avons lu aussi l’histoire où Moise lors de l’exode établit des chefs pour guider le peuple. Cela fait allusion encore à ce dimanche des saints pères, car les saints pères ont comme mission de guider le peuple de Dieu. C’est ce que nous avons lu aussi lors de l’évangile des matines : Nous avons pu lire l’évangile de la pêche miraculeuse après la résurrection du Christ. Nous voyons comme le Christ commande à ces apôtres de jeter le filet dans l’eau. Ceux-ci ne savent pas encore que c’est le Christ qui le leur demande et ils s’y opposent initialement en disant qu’ils ont essayé toute la nuit et qu’ils n’ont rien pris. Cependant après courte réflexion ils se disent qu’ils n’ont de toute façon rien à perdre et ils jettent (probablement dans un mouvement de lassitude) le filet dans l’eau. Le résultat est qu’ils pèchent une multitude de poissons. C’est seulement alors qu’ils reconnaissent le Christ. Il en est de même pour ceux qui exercent une activité pastorale. Souvent malgré toutes leurs tentatives ils récoltent peu de fruits. Mais quand Dieu intervient ils pêchent une multitude de fidèles. C’est cela qu’ont vécu les saints pères du concile de Nicée.

c)      Nous voyons tout au long des lectures cette logique qui trame l’office du jour : c’est Dieu qui guide les hommes de bien. Il les aide et les rend victorieux malgré les obstacles insurmontables. C’est Dieu qui fait en sorte que ceux qui sont justes et vrais, sortent vainqueurs au final. C’est aussi un encouragement pour persévérer dans le bien. C’est un témoignage que là où agit le juste, le Christ intervient et lui donne (finalement) la victoire souvent après de multiples épreuves et des moments de grand danger et de découragement.

d)      L’autre point à retenir de ce dimanche est que le Saint Esprit guide l’Église. L’Église c’est le corps du Christ. Le Christ est divino-humain. Comme le dit le crédo: Il s’est incarné du Saint Esprit et de la vierge Marie. Dans l’Église aussi c’est le Saint Esprit qui est présent dans l’institution humaine (corps ecclésial humain). A rappeler qu’Eglise vient du mot ecclésia qui signifie rassemblement des élus (qui ont été tirés du monde).

Le premier synode œcuménique est l’expression de tout cela. C’est d’ailleurs le cas de tous synodes œcuménique. Nous voyons comme la force du Saint Esprit est présente dans certaines personnes (de bien et de vérité) et que grâce à eux les décisions du synode sont influencées et que la Vérité fini par éclater. Si un synode (et ses décisions) devait s’avérer uniquement une réunion de personnes non guidé par le Saint Esprit (où le Saint Esprit est volontairement ignoré), celui-ci ne sera jamais reconnu comme étant un synode œcuménique (ayant pouvoir « d’influencer » le cours de l’Église dans l’histoire).

Le dimanche prochain nous fêtons la pentecôte. C’est le début de l’Église historique. C’est la descente de l’Esprit Saint sur les apôtres réunis (en synode). Pendant cette période entre l’ascension aux Cieux du Seigneur et la venue de l’Esprit, les apôtres sont réunis souvent et prient. Ils choisissent un remplaçant pour l’apôtre qui s’est perdu, Judas et ils choisissent Mathias. Ils ne savent pas encore que le Saint Esprit va venir. Ils sont pourtant persuadés que Jésus Christ est Dieu, car Il est ressuscité et tellement de choses formidables se sont passées qu’ils pensent véritablement que celui-ci est le Messie. C’est un peu dans ce contexte que se trouvait l’Église aussi à l’époque du premier concile à Nicée. Les saints Pères sont réunis pour discuter de la divinité de Jésus Christ. A l’époque il n’est pas encore question de Trinité. La question du Saint Esprit ne sera discutée que 60 ans plus tard. La notion de Dieu d’alors est toujours celle d’un Dieu proche de la conception juive. Le crédo se limite aux deux premiers chapitres qui concernent le Père et le Fils.

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Saint Silouane de l’Athos


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Le Grand Carême dans l’Eglise Orthodoxe

Le Carême: Carême est la période de préparation à la fête centrale qu’est Pâques. Et l’Eglise nous donne de vivre ce temps de préparation pour que nous approchions le mieux possible de l’attitude spirituelle qui nous est demandée afin de pouvoir pleinement fêter la Résurrection du Seigneur.

Ecoutez: http://www.silouanemartin.be/?page_id=60

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