Chers frères et sœurs,

Ce dimanche, deux semaines avant la solennité de la Nativité, nous faisons mémoire des saints Ancêtres qui ont annoncé le Christ, la vie et la résurrection de tous, ceux qui, par avance, ont annoncé la tenue du banquet de toute éternité, préparé par le Maître et Seigneur de l’univers. Nous célébrons également la mémoire du juste Daniel et des trois Jeunes Gens qui éteignirent la fournaise ardente par la puissance de l’Esprit.

A la parole d’un convive, « Heureux qui prendra part au repas du Seigneur », convive qui participait ensemble avec Lui à un repas chez un pharisien, le Christ répond par la parabole des invités au repas du Seigneur.

Le maître de la parabole, ayant précédemment annoncer l’organisation d’un banquet, envoie son serviteur dire aux conviés : “Venez, car tout est déjà prêt”. Mais les invités, nous rapporte la parabole, placés devant la concrétisation de l’invitation, refusent de se joindre au repas, l’un après l’autre, pour des raisons qui semblent justes et acceptables aux yeux du monde. Aux yeux du monde. Car quand on considère le maître de la parabole, ce qui en est le sens, comme Dieu le Père, le serviteur comme Jésus Christ, et le repas comme le Royaume des Cieux, la perspective change radicalement. Qu’importent les obligations et motivations mondaines à l’instant-même où nous recevons l’invitation céleste ? Le Christ n’a-t-il pas dit :  « Il sait bien, votre Père céleste, de ce que vous avez besoin. Cherchez d’abord le royaume et la justice de Dieu, et tout cela (tout ce qui vous est nécessaire) vous sera donné par surcroît. » (Mt 6, 32-33).

Après le refus des premiers, le Seigneur donne une autre consigne à son serviteur: “Va promptement dans les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux”. Nous voyons un changement dans la consigne. Aux premiers le Seigneur adresse une parole, venez, les seconds sont, tout simplement, amenés au repas, il ne semble plus y avoir la nécessité de délivrer une invitation, de poser un choix. Amène ici. Est-ce parce que ces personnes auraient moins de valeurs aux yeux du Seigneur ? Non, certainement pas, c’est l’état d’esprit qui est différent. L’acceptation des pauvres, des estropiés, des aveugles, des boiteux à se joindre au repas du Seigneur est naturelle, évidente, il n’y a plus lieu de se perde en formalité.  Les pauvres, les estropiés, les aveugles, les boiteux représentent ceux qui ont déjà pleinement placé leur confiance et leur espoir en Dieu. Ce sont ceux qui se reconnaissent comme pauvres, estropiés, aveugles, boiteux. Ce sont ceux qui ont reconnu leur propre faiblesse, leur propre incapacité, et qui, dans un esprit de sainte humilité et de repentir intériorisé attendent, avec crainte de Dieu, foi et amour, la venue du serviteur. Ayant entendu dire qu’un festin se préparait chez le Seigneur, ils ont préparé cette solennité sans plus attendre. Sans attendre la venue du Christ. Ils sont devenus véritablement serviteurs de Dieu et n’attendent qu’à suivre celui qui les amènera au divin banquet.

Ensuite le serviteur dit : “Maître, ce que tu as ordonné a été fait, et il y a encore de la place”. Il y a encore de place, car le Maître veut que tous soit sauvé. Et alors le maître envoie son serviteur à contraindre d’entrer au repas ceux qu’il trouvera dans les chemins et le long des haies. Et ceci afin que la maison soit remplie. A contraindre. Il y a là encore un changement d’état d’esprit. C’est l’expression de l’incommensurable miséricorde divine. Ce qui n’est pas possible pour les hommes, est possible à Dieu. Ceux qui sont dans les chemins, le long des haies, sont ceux qui sont en pleine lutte, en plein combat, pour la foi, pour l’amour : Seigneur, je crois, viens en aide à mon peu de foi. Ce sont ceux qui, d’un cœur sincère, luttent contre leurs faiblesses, le manque de foi et d’amour. Ce sont ceux qui combattent pour le repentir, pour la prière, pour la sainte humilité. 

Par sa naissance, par son Incarnation, le Christ a annoncé que le repas divin est prêt. Les portes sont ouvertes. Et il y a encore de la place. Considérons donc Son invitation à sa juste valeur, non pas en la déclinant en orientant notre regard vers les seules préoccupations terrestres. Mais luttons chacun, et ensemble, pour faire jour après jour de la place pour Dieu dans notre vie. C’est pour cela que l’Eglise a disposé, année après année, les différentes fêtes liturgiques, comme une succession permanente et cyclique d’appels à nous joindre au repas du Seigneur. Et d’aucune façon ne devons-nous nous décourager, car, comme nous le chantions aujourd’hui, le Maître a sauvé nos ancêtres qui jadis étaient tombés et as relevé tous ceux qui étaient morts depuis les siècles.

A l’approche donc de Sa sainte Nativité, du bas de la fournaise de nos souffrances et difficultés, rendons, ensemble avec les saints adolescents, gloire à le Seigneur Dieu de nos Pères.  

Amen