Archiprêtre Dr Georgios Lekkas

Le Fils et Verbe de Dieu s’est dépouillé de Sa gloire, a assumé la nature humaine et a connu sur la Croix le dépouillement absolu de toute gloire. Par Sa mort sans gloire, le Dieu-Homme Jésus a porté un coup décisif à l’orgueilleuse Mort et déjoué toutes les puissances opposées à Dieu ; descendu aux enfers, Il a relevé l’homme déchu.

Depuis lors, quiconque veut suivre le Dieu-Homme Jésus doit, par amour pour Lui, renoncer à lui-même dans son état déchu, crucifier ses passions et prendre le chemin du repentir. C’est ce chemin qui le conduit au plus profond de ses propres ténèbres, là où l’humble Seigneur de gloire l’attend patiemment afin de l’élever à la bienheureuse Lumière de Son Royaume sans fin.

L’homme a été créé pour le Royaume de Dieu et, souvent sans même bien s’en rendre compte, il fait tout ce qui est en son pouvoir pour le perdre. Nous risquons de perdre le Royaume Céleste lorsque nous privons notre âme du Christ ; inversement, nous goûtons dès maintenant au Royaume de Dieu dans la mesure où nous remettons notre âme au Seigneur. L’homme qui se livre au Seigneur vainc le monde avec ses passions ; inversement, celui qui s’asservit au monde risque de perdre à jamais le Seigneur.

À chaque Divine Liturgie, le prêtre dépose dans le saint Calice, sous la forme de petites parcelles de pain, tous les membres du Corps de l’Église, vivants et défunts, afin qu’ils soient offerts au Seigneur de gloire avec le pain et le vin. Ce pain et ce vin, au moment décisif de la Divine Liturgie, deviennent le Corps et le Sang du Christ, qui nourrissent tous les membres de Son Église, vivants et défunts.

Avec le pain et le vin, nous Lui offrons ainsi tout notre être, afin qu’Il le sanctifie, comme Il sanctifie les Saints Dons, et qu’Il nous le rende, cette fois comme faisant partie de Lui-même. Nous Lui offrons du pain et du vin, et Il nous les rend comme Son Corps et Son Sang. Nous Lui offrons notre adoration, et Lui s’offre à nous. Nous Lui offrons notre petite existence mortelle, et Il nous la rend immortelle, comme faisant désormais partie de Sa vie éternelle.

Nous donnons peu à Dieu, et Lui nous récompense en abondance. Chacun de nous est petit, infiniment petit devant Dieu ; mais dès lors qu’il se livre à Dieu, il acquiert par grâce les dimensions divines et peut contenir en lui tous les êtres et toutes choses, à l’exception du mal. Membres vivants de Son Corps, nous faisons nôtres la joie et la douleur des autres. Et parce que nous sommes membres de l’Église et dieux par grâce, nous ne pouvons nous satisfaire de rien qui soit inférieur à la joie du Paradis et à notre croissance incessante en Dieu, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles.

Dimanche après l’Exaltation de la Croix, 20 septembre 2026.