Archiprêtre Dr. Georgios Lekkas

Dans Sa Prière Sacerdotale, au Jardin de Gethsémani, peu avant Son arrestation, le Seigneur Jésus a demandé à son Père la gloire et la joie de la Vie Éternelle, tant pour Lui-même que pour Ses disciples.

La supplication du Seigneur Jésus adressée à Son Père concernant la gloire de Son Fils vise manifestement la gloire de Sa résurrection. Sachant qu’Il se dirige vers l’accomplissement parfait et volontaire de la volonté du Père céleste, le Seigneur ne demande pas simplement la gloire de la Deuxième Personne de la Sainte Trinité, dont d’ailleurs, en tant que Dieu Lui-même, Il n’a jamais été privé, mais la gloire du Dieu-Homme, c’est-à-dire Son entrée, en tant que Dieu parfait et Homme parfait, dans la Vie Éternelle de la Sainte Trinité. Le Seigneur a ainsi demandé à Son Père la gloire, qu’Il avait depuis toujours en tant que Dieu, aussi pour la nature humaine avec laquelle Il est entré au Paradis.

La gloire de la Résurrection et de l’intronisation du Seigneur Jésus, avec Sa nature humaine ressuscitée, à la droite du Père céleste, tient au mystère de la divine obéissance du Fils envers Son Père. La Divine Obéissance est le Grand Mystère de la vie intérieure de la Sainte Trinité. La divine obéissance du Fils envers Son Père est ineffable ; elle dépasse la capacité de l’homme à la comprendre par ses propres forces et se révèle progressivement, bien que toujours partiellement, à l’homme, à la mesure de son progrès dans le Saint-Esprit, c’est-à-dire à la mesure de son progrès dans l’obéissance, l’humilité, la patience et l’amour.

Mais le Seigneur a demandé à Son Père non seulement Sa propre gloire en tant que Dieu-Homme, mais aussi la gloire de Ses disciples jusqu’à Son second Avènement. La gloire que le Seigneur a demandée pour Ses disciples est la gloire de l’unité de l’Église, fondée le jour de la Pentecôte selon la volonté du Père, grâce au sacrifice du Dieu-Homme et à la descente du Saint-Esprit.

Depuis lors, quiconque, par ses paroles ou ses actes, se sépare de l’unité de l’Église, perd la gloire éternelle que Dieu le Père, dans le Saint-Esprit, réserve aux membres du Corps de son Fils. Aujourd’hui que l’Eglise fête le 1er Concile Œcuménique, 1700 ans après celui-ci qui a formé de façon décisive les premiers articles de base de notre Foi, il faut le dire à haute voix :      La rupture avec l’unité de l’Église est le plus grave de tous les péchés, car elle constitue une atteinte directe au Mystère de l’Unité de la Sainte Trinité ; cependant elle s’efface, comme tous nos péchés d’ailleurs, par une repentance profonde et sincère.

La gloire de l’unité de l’Église présuppose la gloire de la résurrection du Dieu-Homme, tout comme la gloire de la résurrection du Dieu-Homme est attestée dans le Mystère de l’unité de l’Église. En participant au Sacrament de la Sainte Eucharistie, le fidèle, à la mesure de son progrès spirituel, reçoit un avant-goût de la Joie de la Vie Éternelle. Uni, par le Saint-Esprit, au Seigneur ressuscité, le fidèle reconnaît comme son Père absolu le Père du Seigneur Jésus-Christ et hait en lui-même tout ce qui le sépare encore de ses frères et l’empêche de voir en chaque homme un membre de plus de son propre corps.

Ainsi, la Joie à laquelle nous sommes appelés en tant qu’êtres humains est la Joie de l’Unité ineffable de la Sainte Trinité, lorsque, sans confusion mais aussi sans aucune division entre nous, nous pourrons adorer, sans cesse et comblés de béatitude, un seul Dieu, le Père, et Fils et le Saint-Esprit, la Sainte Trinité pour les siècles des siècles. Amen.

7ème Dimanche après Pâques, 24.5.2026.