Celui qui est sorti semer la Parole de Dieu se distingue de celui qui sort semer de semailles matérielles. Le dernier fait attention de ne pas semer sur le chemin, sur la pierre, dans les épines, afin de rentabiliser ses semailles. Au contraire, Celui qui sème le Parole de Dieu procède différemment. Il sème sur la bonne terre, mais aussi, selon Sa volonté, sur le chemin, sur la pierre, dans les épines. Pourquoi faire ainsi si celles qui tombent sur le chemin sont piétinées par les passants, et sont mangées par les oiseaux du ciel ? Pourquoi procéder ainsi si les deuxièmes, celles qui tombent sur la pierre, sèchent ? Pourquoi faire ainsi si les troisièmes sont étouffées par les ronces ? Le Seigneur agit ainsi car, en ce qui concerne les hommes, et je reprends un extrait de saint Jean Chrysostome, les pierres les plus dures peuvent se changer en une terre très-fertile ; les chemins les plus battus peuvent n’être plus foulés aux pieds, ni exposés à tous les passants, mais devenir un champ bien préparé et bien cultivé ; Les épines peuvent disparaître pour faire place à la semence, afin que le grain croisse et pousse en haut, sans qu’il trouvé rien qui l’empêche de monter. Si il était impossible aux hommes de changer, le semeur divin et adorable n’aurait jamais rien semé dans le monde. Mais ce n’est pas le cas, chaque homme porte en lui l’image divine, chaque homme a la possibilité, la potentialité, d’aller à la ressemblance. Le Fils de Dieu s’est incarné justement aussi parce que l’homme a, par grâce, la possibilité du retour vers le Père. Et donc la Parole de Dieu est semée sans distinction entre le riche et le pauvre, entre le savant et l’ignorant, entre l’âme ardente et celle qui était lâche et paresseuse, car la semence du Seigneur est une semence vivante et vivifiante.
Nous pouvons comprendre par-là deux choses. Premièrement, l’accueil de la Parole de Dieu est un processus dynamique. Il arrive par exemple que nous recevions la Parole de Dieu comme si elle tombe sur la pierre, ou que notre esprit est happée par les soucis, c’est souvent ainsi. Mais il ne faut pas pour autant se décourager. La prise de conscience montre que déjà la Parole de Dieu agit, que déjà quelque part la semence se fraie un passage vers notre cœur ; qu’un mot, une phrase, un concept a remué un peu la terre. Deuxièmement, nous comprenons que l’ouvrage à mener est une action synergique entre l’homme et Dieu. La part de Dieu dans cet œuvre commune dépasse infiniment notre part, mais il n’y a pas de fruit sans notre effort personnel, sans notre volonté, car Dieu ne veut nullement nous imposer les fruits de sa Parole.
Le manuel à suivre pour l’accueil de la Parole divine est celui des préceptes de l’Eglise. Nous pouvons en retenir un aujourd’hui, en lien directe avec la parabole de ce jour, celui de la lecture de la Parole de Dieu, dans les Ecritures Saintes, mais aussi dans les prières des saints. Il ne s’agit pas d’une lecture hâtive, mais de prière, de méditation. Il est question de faire résonner ses écrits en notre cœur, afin que, par-là, notre cœur se rende progressivement de plus en plus réceptif à la Parole de Dieu. On peut comparer cela à un musicien. C’est par la pratique assidue et l’écoute régulière que le musicien est amené à entrer réellement dans la musique dans toute sa richesse et ses nuances et qu’il peut la faire vivre. Ne négligeons donc pas cette lecture qui a été l’incitation, pour bien des saints et saintes, à prendre la voie du Seigneur. Pensons par exemple à Saint Antoine le Grand qui a la lecture de l’épisode du jeune riche, a donné tout ce qu’il possédait et est parti au désert.
Que les prières des Saints Pères du 7ième Conciles œcuménique nous aident sur la voie de la Parole.
