Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi.
Quand un tout petit, un enfant en bas âge, arrive dans un lieu qui lui est étranger, et qu’il est entouré de visages qu’il ne connait pas ou pas très bien, que fait-il ? A l’écart de ses parents, il s’agite. Resté près de ses parents, se réfugiant dans leurs bras, il reste en paix. Il ne se vante pas, il ne cherche pas sa propre raison, il cherche juste à rester en lien intime avec les parents qui lui ont donné la vie, les parents qui le nourrissent, le protègent, le gardent, le maintiennent. Il s’abandonne à eux.
Le Christ dit aux soixante-dix apôtres de ne pas se réjouir de ce que les esprits leur sont soumis. Dans cette réjouissance-là, il y a l’esprit du monde, il y a l’esprit de domination. Il convient uniquement de se réjouir de ce que leurs noms sont écrits dans les cieux, c’est-à-dire, il convient uniquement de se réjouir de leur communion avec le Dieu Trinitaire.
Saint Paul nous dit de nous conduire avec sagesse envers les étranger à notre foi, et de se limiter à des paroles liées à la grâce. Il veut dire par là : Ne cherchez pas les grands discours et les raisonnements raffinés. Cherchez uniquement à rester unis à Dieu, à communier à Dieu, en restant soi-même le sel de la terre, c’est-à-dire en étant soi-même attaché aux commandements. Pour le reste, la grâce dispensera selon la nécessité.
Trois jours après la Crucifixion, Saint Luc, dont nous faisons mémoire aujourd’hui, et Cleophas rencontrent un homme plein de sagesse sur le chemin vers Emmaus. A Emmaus, le soir étant venu, saint Luc et Cleophas reconnaissent en cet homme notre Seigneur Jésus Christ ressuscité à la fraction du pain. C’est important. Avant cela, sur le chemin, à l’écoute de Jésus Christ, leur cœur brûlait déjà, mais la reconnaissance est venu seulement à la fraction du pain, à l’eucharistie.
L’archimandrite Aimilianos de Simonos Petra de bienheureuse mémoire écrit ceci : Si l’homme peut réussir quelque chose de grand dans sa vie, c’est ceci : renoncer à sa volonté propre, à sa prétention de justice, à tout sentiment sur lui-même et, particulièrement, de ne revendiquer aucun droit. Combien de plus, dit-il un peu plus loin, lorsque vous pensez que votre volonté et votre prétention de justice sont selon Dieu. Si vous aimez réellement Dieu, vous êtes appelés à abandonner ce que vous pensez venir de lui et à garder la parole de celui qui vous enseigne selon Dieu.
Abandon. Tel un enfant qui s’abandonne dans les bras de ses parents, tel un enfant nous devons chercher à nous abandonner à Dieu. C’est très difficile pour nous, seul, notre volonté et notre sentiment de justice résistent, mais pourtant c’est le chemin à suivre, avec l’aide de Dieu et la prière de tous les saints.
Il peut nous arriver de nous affliger de ce qui nous arrive dans la vie, tel les apôtres sur le chemin d’Emmaus, trois jours après la crucifixion de Jésus Christ. La maladie, des contretemps personnels, la perte de quelqu’un qui nous est cher. Or, c’est alors que Jésus se tient près de nous, prêt à nous embrasser, à condition que nous osions nous abandonner à Lui. Alors, comme les Apôtres, nous devons dire « Reste avec nous, car le soir approche, le jour est sur son déclin. »
Que par les prières du saint apôtre et Evangéliste Luc et de tous les saints, nous puissions nous abandonner à Son amour et puissions le reconnaître à la fraction du Pain.
