Archiprêtre Dr Georgios Lekkas
Lors de la guérison du Paralytique, dans l’Évangile de la sixième dimanche selon Matthieu, le Seigneur nous révèle une double « loi spirituelle », pour reprendre une expression parmi les plus caractéristiques du Saint que nous célébrons aujourd’hui, Saint Païssios l’Athonite.
L’un des aspects de cette loi spirituelle est que le péché provoque souvent une paralysie de l’âme et que, si cette paralysie n’est pas rapidement surmontée par des moyens spirituels, tels que la repentance, elle peut, dans un second temps, entraîner de graves troubles physiques, voire la mort.Le mal agit donc de « l’intérieur » vers « l’extérieur ». Il porte d’abord atteinte à notre relation avec Dieu, et lorsqu’il y parvient, il blesse d’abord notre âme qui a cédé à l’apostasie vis-à-vis de Dieu, puis, souvent, il s’attaque également à notre corps. En réalité, notre éloignement de Dieu par le péché entraîne pour l’âme un état contre nature, celui que la Tradition Orthodoxe appelle les « passions de l’âme » et qui se manifeste généralement par une symptomatologie de maladies psychosomatiques.
Comme le mal se propage de l’intérieur vers l’extérieur, le traitement spirituel des maladies psychosomatiques s’effectue lui aussi, nécessairement, de l’intérieur vers l’extérieur. C’est là le deuxième aspect de la « loi spirituelle » que le Seigneur nous a révélé à travers la guérison du Paralytique.
La guérison spirituelle commence donc par le pardon des péchés qui ont provoqué la rupture de notre relation avec Dieu ; elle se poursuit par la guérison de nos passions lorsque nous persévérons dans la repentance ; puis vient la résurrection de notre âme dans un état de paix, de joie et d’amour, et si le Seigneur juge ceci comme étant ce qu’il y a de mieux tant pour la personne qui souffre que pour son entourage, Il permet alors également la guérison physique de cette personne, aussi grave que soit sa maladie.
Rien n’est impossible au Seigneur si nous avons foi en Lui ; souvent, même notre peu de foi suffit, ce qui incite alors le Seigneur à intervenir afin de renforcer notre foi. Tel était assurément le cas du Paralytique dans le passage de l’Évangile d’aujourd’hui.
Le Seigneur, raconte le Saint Évangéliste, a vu, d’une part, la foi de ceux qui lui ont amené le Paralytique, et, d’autre part, Il s’adresse au malade en l’invitant à faire preuve, lui aussi, du courage de la foi : « Prends courage, mon enfant ». Par cette exhortation « Prends courage », Il veut renforcer sa foi en Lui-même en tant que Dieu-Homme, tandis qu’en l’appelant « mon enfant », Il lui rappelle qu’Il est venu dans le monde pour rétablir, avec lui aussi, le lien paternel avec Dieu, que l’homme perd par son incrédulité.
La racine de tous les maux réside dans notre incrédulité envers le Christ, et notre guérison dépend de notre foi en Lui. Personne ne peut parvenir au Père par le Saint-Esprit, ce qui est le but de la création de chacun d’entre nous, s’il ne croit pas d’abord de tout son cœur en Christ par le Saint-Esprit. La foi en Christ n’est pas une simple certitude intellectuelle ; la foi en Lui, c’est la certitude qui découle de la présence du Seigneur dans le Saint-Esprit en nous et parmi nous, qui fait, nous de nous tourner vers Lui de tout notre être, et Lui de partager avec nous la Gloire qu’Il reçoit de Son Père dans le Saint-Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.
Sixième Dimanche de Matthieu, 12 juillet 2026.
