Chers frères et sœurs,

Hosanna au plus haut des cieux ! Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur !

Hosanna ! Sauve donc ! Le Christ Sauveur entre en Jérusalem, la Jérusalem terrestre, en préfiguration de Son entrée en la Jérusalem céleste. Il rentre en triomphe comme un roi. Comme un roi car Il est Roi.  Il rentre en triomphe sur un ânon, car il n’est pas un roi comme les autres, il est le Roi des rois, et Son royaume n’est pas de ce monde. Il est assis sur un ânon comme annoncé par les prophètes, en tant que premier d’entre tous. Telle sa naissance dans une étable, cet ânon est également à l’image du profond abaissement de l’Un de la Sainte Trinité. Son ministère touche à sa fin, Il va dans quelques jours glorifier Son Père et donner sa vie en sacrifice pour les hommes, par Amour, pour donner à l’homme le moyen de se réconcilier avec Son Créateur. Il sait que cette entrée triomphale annonce Son retour auprès de Dieu le Père, et que par Son sang il sera scellé une Nouvelle Alliance avec le peuple de Dieu.

Nous sommes six jours avant la Pâques. Le peuple, ébahi, ému, en effervescence suite à la résurrection de Lazare, sort l’acclamer. Certains ont certainement reconnu en Lui le Messie, en premier lieu les enfants car ils ont un cœur pur. D’autres sont probablement là par enthousiasme suite aux signes qu’il a fait, et d’autres peut-être tout simplement par curiosité. Quelques jours plus tard l’effervescence enthousiaste à l’entrée en Jérusalem de son Messie fait place à une autre forme d’engouement. La Jérusalem terrestre rejette le Christ : “Crucifie-le !”. Même ses proches amis ont des difficultés à Lui rester fidèle. Non pas qu’ils crient à le crucifier, mais voilà Pierre qui dit “Non, je ne connais pas cet homme”.

Par la présence du Saint Esprit, la vie du Christ nous est transmise et actualisée à chaque instant. Ainsi, aujourd’hui nous partageons ensemble avec le peuple de Jérusalem la joie pour l’entrée de Sauveur dans notre vie. Nous nous réjouissons d’avance de la Pâques. Nous avons le cœur en ébullition. Mais qu’en est-il demain ? Quelle part de notre joie a comme source la foi, quelle part de notre joie a comme source l’émotion passagère, la sentimentalité ? Dirons-nous aussi demain, face l’adversité ou la tentation, “Non, je ne le connais pas ” ?

Pierre aimait sincèrement son Maître. Cela ne fait aucun doute. Plus tard, le Christ ressuscité demandera à trois reprises à Pierre “m’aimes-tu”, et Pierre de répondre “Seigneur, tu sais bien que je t’aime”. Ce douloureux passage du reniement est un témoignage de la fragilité de l’amour et de la foi de Pierre, et par extension de nous tous. Au chant du coq Pierre prend pleinement conscience de sa faiblesse, lui qui peu de temps avant exprimait ardemment ne jamais abandonner son maître. 

L’ânon témoigne de la profonde humilité du Roi des roi, sa profonde humilité avec lequel Il est venu sur terre et avec laquelle Il retourne ensuite auprès de Son Père. Nous devons nous aussi, comme assis sur un ânon, conscient de la fragilité de notre foi, en toute humilité, nous approcher du Royaume.

Amen