p. Georgios Lekkas

L’être humain est rétabli dans la relation que le Dieu trinitaire a voulue avec lui avant tous les siècles, par la foi en Jésus-Christ. La foi au Christ est véritable lorsqu’elle conduit le croyant à accomplir des « œuvres de foi » qui témoignent de la présence du Christ en lui. Le croyant en vient alors à haïr le péché en lui-même, c’est-à-dire tout ce qui le sépare du Christ. Il désire déposer sur la Croix du Christ tout son être dominé par les passions, dans sa totalité si possible, afin de pouvoir vivre tout entier en union avec le Christ.

La transformation spirituelle du croyant est donc, elle aussi, une forme de dépouillement, une kénose. Le Fils et Verbe du Père s’est dépouillé de Sa gloire divine pour s’incarner en homme humble. Il appelle désormais tout être humain qui veut croire en Lui à se dépouiller de son être dominé par les passions, afin de pouvoir devenir, lui aussi, participant de Sa gloire divine. La Crucifixion et la Résurrection du Christ dessinent ainsi le chemin spirituel que tout croyant est appelé à parcourir.

Avant la Résurrection finale, lors du second Avènement du Christ, le croyant est appelé à ressusciter spirituellement, c’est-à-dire à commencer à vivre tout entier par le Christ. Chaque croyant révèle ainsi la raison pour laquelle le monde a été créé : afin que le Christ puisse, si possible, prendre chair en chaque être humain. En réalité, tout membre vivant de l’Église est chair de la Chair du Christ, si bien qu’il désire désormais ne vivre que par Lui.

Pour le croyant, la Résurrection finale de tous n’est pas une simple conviction, mais une certitude intérieure qui grandit à mesure que le Christ grandit en lui. Le Christ qui grandit en lui chaque jour, c’est Lui qui le ressuscitera aussi lors de la Résurrection commune de tous. Le croyant vit ainsi dans l’espérance de la Résurrection, car il sent en lui le Christ le gagner jour après jour. Il découvre alors que la parole de l’Apôtre : « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20), n’est pas pour lui un rêve inaccessible, mais le but pour lequel tout être humain a été créé.

Rempli de la présence du Christ, le croyant ne peut que témoigner auprès des autres de cette Présence en lui. En tant que membres de l’Église des saints, les croyants partagent entre eux et avec le monde entier ce qu’ils reçoivent du Christ, source commune du salut de tous. Tous les croyants n’ont pas le don de la parole. Mais à travers chaque croyant qui désire le salut de tous, Dieu le Verbe révèle la raison pour laquelle le monde a été créé : prendre chair pour sauver chaque être humain.

Lorsque le Christ guérit le Gadarénien, Il ne le garda pas passivement auprès de Lui, mais l’envoya témoigner auprès des autres de ce qu’Il avait fait pour lui. En témoignant des œuvres du Christ en lui, le Gadarénien guéri témoignait devant tous de la présence du Christ en lui. Le Gadarénien guéri était ressuscité spirituellement grâce au Christ, si bien qu’il pouvait désormais poursuivre l’œuvre du Christ par son témoignage.

Le croyant régénéré devient nécessairement témoin de sa propre renaissance par le Christ. Il désire le salut de tous, prie pour chacun comme pour lui-même, prend soin de toute créature de Dieu et devient un collaborateur du Christ, afin que le Christ grandisse sans cesse en lui et en tous.

À Lui, notre Seigneur Jésus-Christ, ainsi qu’à Son Père sans commencement et à Son Esprit très saint, bon et vivifiant, soient la Gloire, la Puissance et le Règne, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

VIᵉ dimanche de Luc, 25 octobre 2026.