Archiprêtre Dr Georgios Lekkas
La crucifixion et l’ensevelissement du Seigneur ont rempli Ses disciples de tristesse et de peur. La rage aveugle de ceux qui l’avaient crucifié leur a fait croire, à un moment donné, qu’ils seraient désormais leurs prochaines victimes. Ainsi, après la crucifixion du Seigneur, Ses disciples devaient porter leur propre croix, celle de la peur pour leur vie. Et cela parce qu’ils n’avaient pas encore reçu la Force d’En Haut qui les amènerait plus tard à vouloir même mourir pour le Christ afin de servir son Évangile.
La peur des Disciples dans les heures qui ont suivi l’ensevelissement du Seigneur était donc différente de la crainte des Femmes Myrophores dont nous parle l’Évangéliste Marc (Marc 16, 8). La crainte des Femmes Myrophores était le résultat de la «terreur» et de l’«extase» qui les avaient saisies lors de leur rencontre avec l’ange vêtu de blanc à l’intérieur du tombeau ouvert, et surtout des paroles qu’elles avaient entendues de sa bouche.
Leur affection pour le Seigneur leur a permis de surmonter toutes leurs inquiétudes et de se rendre à son tombeau de bonne heure. Et le Seigneur, voyant leur grand amour, révéla d’abord à elles la nouvelle incroyable de Sa résurrection et les honora en faisant d’elles ses premières apôtres auprès des Apôtres, alors ébranlés.
Et pourtant, les Femmes Myrophores, qui avaient surmonté toutes leurs inquiétudes pour aller se prosterner devant le tombeau du Seigneur, devaient quitter le tombeau dans la «crainte». Non pas dans la peur pour leur vie, mais dans la crainte face à la Vie éternelle qui apparut devant elles à l’écoute des paroles du saint ange et pour laquelle elles n’étaient pas encore prêtes.
Le Seigneur est resté trois ans auprès de Ses disciples, depuis Son baptême dans le Jourdain jusqu’à Sa crucifixion, les préparant par Ses paroles et Ses miracles pour le moment de Sa résurrection. Mais c’est une chose de recevoir une catéchèse sur la résurrection du Seigneur — même si celle-ci est dispensée par le Seigneur lui-même, aidée par la puissance de Ses miracles — et autre chose d’être soi-même le témoin personnel de la vérité de Sa résurrection.
Le Christ nous révèle progressivement, par le Saint-Esprit, au sein de l’Église, l’incroyable nouvelle de Sa résurrection, tout comme Il l’a révélée progressivement à Ses premiers disciples. L’acquisition de cette connaissance brise les limites de notre logique rigide et fait éclater notre cœur en mille morceaux. Le Saint-Esprit nous prépare souvent pendant de longues années afin que nous soyons un jour dignes d’entrer, nous aussi, dans le buisson ardent de la résurrection du Sauveur, sans courir le risque ni de devenir fous ni, pire encore, de Le renier.
Que nous apprenions à confesser notre Sauveur Jésus-Christ comme le Saint Apôtre Thomas et à nous prosterner devant Lui comme les Saintes Femmes Myrophores afin d’être rendus dignes de la Vie éternelle avec Lui.
Dimanche des Saintes Femmes Myrophores, 26 avril 2026.
